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Case Study
Centre Hospitalier la Citadelle :
Sécuriser sans contraindre, un compromis réussi
Un ancien système saturé, de nouvelles exigences de sécurité, l'ajout de nouveaux sites ont amené, il y a quelques années, le CHR La Citadelle à rénover et à repenser son installation de contrôle d'accès. IDtech a obtenu la confiance de la plus importante institution de soins de la Communauté Wallonie-Bruxelles. Visite sur site après quelques mois de mise en service.
Interdire tout accès est une des façons les plus simples d'assurer la sécurité de locaux à protéger. Mais quand il s'agit d'un hôpital, par nature lieu public et d'allers et venues répétés, lieu d'accueil et d'une certaine urgence incompatible avec des procédures de contrôle ralentissant les mouvements, le maximum de facilités doit être accordé à tous les intervenants : personnel, patients, visiteurs, prestataires extérieurs. Pourtant, l'évolution des risques est telle, comme l'ont montré certaines affaires dramatiques récentes en région bruxelloise, que le contrôle d'accès des hôpitaux ne peut plus être considéré comme non prioritaire. Les responsables du CHR La Citadelle de Liège l'ont bien compris. Ils nous livrent ici leur expérience lors d'un entretien sur place. Rencontre avec Mme Monique Couture, chef de Division technique et M. Jean Olivier, chef de division Communication institutionnelle.
Quelle est l'idée générale qui préside au contrôle d'accès du CHR ?
Monique Couture : "Les besoins qui ont été exprimés à notre fournisseur IDtech sont globalement les suivants : limiter le nombre d'accès à l'hôpital par rapport à la situation antérieure, fermer complètement le bâtiment le soir, donner accès aux personnes autorisées, gérer les heures de travail du personnel. En outre, certaines zones internes doivent pouvoir être sécurisées là où des personnes travaillent seules la nuit dans des secteurs quasiment déserts (labo, stérilisation...). Le personnel était demandeur de quelque chose qui assure sa sécurité. Certaines installations informatiques et médicales contenant des éléments sensibles, vitaux ou des données confidentielles sont également sécurisées. Enfin, certains locaux ou zones ont été mis sous contrôle d'accès : les vestiaires pour lutter contre les vols répétés, les salles d'opérations, les urgences..."
Quel type de sésame avez-vous fourni au personnel ?
M.C : "Il s'agit d'un badge proximité format carte de banque,
sans contact, avec photo et nom de la personne. Ce badge doit
être porté visiblement, sur les vêtements de travail. Plus de
5000 badges ont été distribués à toutes les personnes autorisées,
membres du personnel ou extérieures, telles que fournisseurs, techniciens
de garde pour l'entretien ou le contrôle de machines, d'ascenseurs, gardiens
de la prison de Lantin, aumôniers, instituteurs de la pédiatrie, membres
de la Croix-Rouge, etc...
Sur le badge, nous avons ajouté un code de couleurs qui permet de savoir si
la personne est infirmière, médecin, personnel technique, visiteurs, etc...
Les patients reçoivent l'explication du code avec leur brochure d'accueil
lors de l'admission. Cela facilite beaucoup de choses, notamment pour les
patients ayant des difficultés de lecture, et améliore la sécurité :
une personne mal intentionnée ne peut pas facilement se faire passer pour
ce qu'elle n'est pas."
A quoi sert la piste magnétique présente sur la carte ?
M.C : "Elle nous servira bientôt pour gérer des paiements, au restaurant par exemple."
Que se passe-t-il en cas de perte du badge ?
M.C : "En cas de perte ou de vol, nous avons une ligne téléphonique avec répondeur qui permet au personnel de signaler le problème. La carte est alors immédiatement désactivée et nous émettons une carte de remplacement."
Quel est le parcours-type d'un membre du personnel, tel qu'enregistré par les lecteurs de badge ?
M.C : "Les personnes arrivant en bus se dirigent directement vers
l'une des entrées réservées au personnel, où elles présentent leur badge.
Les personnes qui arrivent en voiture ont accès au parking réservé, via leur
badge. Les unes et les autres se dirigent ensuite vers le vestiaire, qui ne
s'ouvre également que par le badge. Elles rejoignent ensuite leur service, où
elles pointent sur un autre type de lecteur, mais toujours avec le même badge.
L'accès au service n'est possible que si les personnes sont passées par le vestiaire,
ce qui les oblige à pointer en tenue.
Certaines zones sont surveillées 24h/24, d'autres seulement la nuit. Pendant
la journée, tout membre du personnel a accès quasiment partout, mais après
l'heure de fermeture, l'accès lui sera refusé, sauf s'il a une autorisation
de nuit pour une garde, ce qui ne concerne pas le personnel administratif
par exemple. Chaque type d'accès est lié aux fonctions de la personne.
Nous programmons le système en fonction des éléments que nous transmet
le service du personnel sur les activités de la personne.
Tous les actionnements de portes via lecteurs de badges sont enregistrés,
ce qui permet de tracer les mouvements des personnes dans le bâtiment.
Mais ceci n'est utilisé qu'en cas d'incident : nous n'utilisons pas ces
données pour surveiller le personnel ; il y a là-dessus un accord ferme
avec le syndicat. Il faudrait l'intervention d'une autorité judiciaire pour
que nous révélions ces données. Seules les pointages sont transmis aux
chefs de service.
En plus des lecteurs de badges, de nombreuses portes sans lecteur comportent un
contact magnétique qui permet de savoir si elles sont ouvertes ou non et
à quel moment elles ont été actionnées. D'autres portes intérieures ont
une fermeture par électro-aimant, qui permet au personnel de quitter ses
locaux sans problèmes, même après l'heure normale, mais n'autorise plus
l'ouverture depuis l'extérieur du service.
Toutes les sorties après l'heure de fermeture sont ainsi repérables, qu'elles
soient licites ou non. Certaines portes autrefois ouvrables sans badge de
l'intérieur, sont désormais sécurisées, ce qui empêche les personnes qui
se seraient laissé enfermer volontairement dans le bâtiment, de ressortir
à leur guise. Elles sont maintenant obligées de sortir par une porte avec
contrôle par des vigiles."
Que se passe-t-il en cas d'ouverture anormale de porte ?
M.C : "Nous avons notre propre équipe interne de sécurité. En dehors des heures d'accès autorisé, un garde est en poste devant un écran qui lui signale des ouvertures de portes anormales dans toutes les zones sous contrôle. Il peut envoyer ses collègues par radio ou bip à l'endroit de l'incident."
Et en cas d'incendie ?
M.C : "Nous pouvons désactiver tout le système pour permettre une évacuation rapide."
Outre le badge, y a-t-il d'autres systèmes de contrôle ?
M.C : "Nous envisageons d'installer des caméras, mais c'est encore en projet."
Y a-t-il encore d'autres projets dans ce domaine ?
M.C. : "Oui, nous équipons le site Château Rouge de pointeuses, de
lecteurs d'accès et d'une dizaine de contacts magnétiques. A la Citadelle,
des lecteurs supplémentaires sont en projet. Nous aurons aussi bientôt un
système permettant de faire apparaître à l'écran de contrôle du vigile, la
partie du plan de l'hôpital représentant l'endroit où un incident a été
détecté. Des contacts ont été pris avec IDtech pour lancer ce projet.
Nous voudrions aussi lier le système de caméra à l'écran de contrôle d'accès,
ce qui permettrait de vérifier si la personne qui badge est physiquement
présente, par comparaison avec un fichier du personnel avec photo. Ceci
nous sera utile surtout pour éviter le vol de voitures.
Nous pensons aussi à un système de badges en carton, peu coûteux et jetables,
qui donneraient un accès à toute heure, mais limité dans la durée, à
certains visiteurs légitimement privilégiés, tels que les jeunes
papas de la maternité par exemple !"
Depuis quand le nouveau système est-il opérationnel ?
M.C. : "Depuis le début 1999. Nous l'avons implémenté à Sainte Rosalie
pour commencer, puis au CHR. Une grande partie du câblage existant (ceux du
précédent système) a pu être conservé. Nous avons ainsi gagné beaucoup de
temps et réalisé une grosse économie en équipement. Sont neufs et propres
à IDtech : les câblages pour les lecteurs supplémentaires, tous les lecteurs
de cartes et le logiciel, ce qui est normal dans un domaine où les évolutions
sont rapides et très fortes.
Toutes les informations sont centralisées à la Citadelle par liaison informatique,
même celles de Sainte Rosalie et de Château Rouge."
Quelles améliorations, quels effets avez-vous pu déceler depuis la mise en service ?
M.C. : "La présence d'une photo sur le badge est un plus important au point de vue sécurité et authentification du porteur de badge. La fabrication de la carte, y compris l'ajout de la photo, est instantanée, ce qui n'était pas le cas auparavant. Nous sommes ainsi débarrassés du système lourd à gérer de cartes provisoires. Outre cet aspect visible, il est clair que toute une série de tentatives d'intrusion ont été évitées, mais nous n'en aurons forcément jamais connaissance. Enfin les vols dans les vestiaires sont en forte baisse."
Jean Olivier : "De plus, le badge et la photo sont un élément fédérateur et de communication entre membres du personnel, qui forcément, vu le nombre, ne se connaissent pas tous par leur nom. En dehors de toute préoccupation de sécurité, ce signe d'appartenance apporte quelque chose de positif à notre vie professionnelle au quotidien."
(Propos recueillis par Patrick Bartholomé)
Mme Monique Couture, ingénieur, chef de Division technique, chargée notamment de superviser le service interne de gardiennage et les questions de sécurité.
M. Jean Olivier, chef de division Communication institutionnelle.
La Citadelle : une petite ville au coeur de la Ville
Le Centre Hospitalier Régional "La Citadelle" est une intercommunale
associant 16 communes et un certain nombre d'institutions financières et médicales.
La Citadelle, bâtie sur un plateau dominant la vallée de la Meuse, doit son nom à
l'ancien ouvrage militaire désaffecté auquel elle a succédé sur ce site splendide.
Cette institution hospitalière liégeoise, la plus importante de la Communauté
Wallonie-Bruxelles, comprend actuellement quatre sites : la
Citadelle proprement dite et les sites "Château Rouge",
"Val d'or" et "Sainte Rosalie", situées dans la ville.
L'ensemble hospitalier abrite 1.043 lits, réalise 39.000
admissions par an, accueille chaque année 2.000 naissances,
traite en moyenne plus de 200 urgences par jour, et constitue le
lieu de travail de 3.000 personnes. Il s'y ajoute un flux
d'environ 6.500 visiteurs quotidiens et des mouvements très importants
de fournisseurs.
3.500 badges IDtech circulent dans l'hôpital, servant à actionner 10 pointeuses et 60 lecteurs de badges. Plus d'une centaine de contacts magnétiques de porte sont en service.